Rugby French Flair-87

Thierry Barraque

Rugby French Flair-38

Thierry Barraque : l’esprit de famille

 

Chez Thierry Barraque, rugby et travail sont toujours allés de pair. Le rugby, parce qu’il s’agit bien d’une affaire de famille avec un père, Louis, ancien du Stadoceste Tarbais, du RC Paris et de bien d’autres clubs dans la banlieue tarbaise comme Laloubère. Nous verrons plus tard que le reste de la famille a également suivi cet exemple. Le travail parce que, tout en poursuivant une carrière professionnelle dans différents secteurs d’activité et dans plusieurs villes de France, Thierry Barraque a toujours su marier le plaisir du jeu aux nécessités de l’existence.

Le rugby comme il le confie : « C’était quasiment obligatoire avec le paternel. Il nous a toujours dit de faire du sport en général et du rugby en particulier. » Dont acte. Junior à Castelnaudary (alors en Groupe B), puis senior à Revel (3ème division), Aubagne (3ème division), Nevers (2ème division), Bram (avec notamment Guy Spanghero) et pour finir Léguevin.  Ajoutons que ses deux frères ont également pratiqué le rugby : « « L’aîné a été en sport-études, puis a joué au Stade Toulousain et a même disputé quelques matchs en équipe première en particulier avec Guy Novès. Puis à Plaisir. Ensuite, il a mal tourné… il est devenu arbitre. » Son deuxième frère a porté les couleurs de Castelnaudary (Groupe B) et Lons-le-Saulnier. « Le rugby lui a permis de trouver du travail. »

Ce qui n’a pas été le cas de Thierry Barraque. Car si, comme nous le disions plus haut, rugby et profession sont toujours allés de pair, le rugby n’a fait que l’accompagner au fil de ses différentes mutations. Lui donner un coup de main mais sans plus. « Lorsque je suis arrivé à Nevers, mon premier travail dans l’agroalimentaire, je cherchais en vain un appartement. J’ai appelé le club qui m’a aidé à trouver ce que je cherchais. Et le jour du déménagement, comme je travaillais, que je débutais dans ce boulot et qu’il m’était donc difficile de me libérer, mon épouse s’est retrouvée toute seule. Mais là, cinq ou six joueurs de Nevers sont arrivés et lui ont demandé : « C’est toi la femme du nouveau ? On est là pour déménager les meubles. » Voilà l’esprit du rugby. »

Entreprises et rugby en parallèle

Après diverses pérégrinations, Thierry Barraque a regagné Toulouse depuis maintenant 17 ans. Retour en terre connue pour une nouvelle aventure un peu dans… l’inconnu avec la création, le 4 janvier 1999 (« Quand on se lance dans une telle aventure, on se souvient forcément de la date à laquelle elle a commencé… ») de son entreprise de peinture. «  Ce n’était certes pas évident de se lancer ainsi dans une telle entreprise, mais j’en avais envie. » Il faut sans doute ajouter que ce genre d’esprit d’entreprise relevait largement du patrimoine familial. Et puis comme il le confie : « Entre rugby et entreprise, on retrouve effectivement les mêmes valeurs. Ce n’est pas une légende. Dans une entreprise, il faut savoir travailler ensemble, avec les autres, dans la même direction. De même, le rugby est l’un des rares sports où l’on retrouve ces valeurs de partage, d’amitié, d’échange, de solidarité. Des valeurs, soit dit en passant, dont le hand se rapproche également. Des valeurs nécessaires à mon sens dans la vie de tous les jours. »

Fidèle à ses convictions et à son histoire, Thierry Barraque ne pouvait donc pas ne pas poursuivre son chemin dans le rugby. A un autre niveau cependant. Comme président de Léguevin pendant 9 ans (« Un véritable sacerdoce ») ; comme partenaire du Stade Toulousain pendant deux saisons puis aujourd’hui de Colomiers. « Je me retrouve vraiment dans ce club. Très honnêtement, pendant mes deux années au Stade Toulousain, j’ai fait l’expérience de joueurs souvent complètement inaccessibles. Je me souviens d’un match à l’issue duquel j’avais croisé Frédéric Michalak et Jean-Baptiste Elissalde. Je leur avais demandé de faire une photo avec mon gamin. Elissalde m’avait envoyé paître… Je dois par contre dire que Michalak s’était lui arrêté. Autre souvenir, celui d’un du Biarritz-Olympique – Stade Toulousain à l’époque où Jean-Pascal y jouait. Les joueurs du BO étaient sortis des vestiaires au milieu de la foule, avaient discuté avec les gens. Le bus du Stade s’était garé tout contre les vestiaires afin que les joueurs puissent monter directement dans le bus… C’était sans doute une autre époque et je pense qu’Hugo (Mola) et Fabien (Pelous) vont remettre les choses à plat. »

RFF : le côté humain du rugby

Cela va sans dire que, pour Thierry Barraque, et même si le rugby conserve encore de profondes valeurs, bien des choses ont changé. « Je dirais que le rugby d’aujourd’hui se rapproche un peu du foot. Ce qui signifie que je me retrouve sans doute un peu moins dans ce sport. » Pourquoi alors s’être impliqué dans Rugby French Flair ? Comment a pu se faire la connexion ? « C’est simple. Mon frère aîné a joué à Castelnaudary et il habitait en face du magasin que tenait Claudine Spanghero. Moi-même j’avais joué avec Guy, et lorsque Claudine m’a contacté pour venir soutenir RFF, je luis ai répondu que ce n’était pas facile, de nos jours, de donner de l’argent comme cela. Par contre, je lui ai proposé un deal et je lui ai dit : si tu peux me faire venir trois ou quatre joueurs lors d’une vente, pour chaque fût de peinture que je vendrai ce jour-là, je donnerai 10€ à l’association. Je pense qu’au début, Jean-Baptiste Ozanne ne croyais pas trop au résultat. Mais comme c’était Claudine qui lui avait présenté l’affaire, il a dit OK. Et nous avons, lui comme moi, été agréablement surpris par le résultat.

Tout d’abord, sur le plan humain, j’ai rencontré des anciens internationaux, des joueurs qui nous avaient fait rêver, et qui sont pourtant restés tout à fait accessibles. Des gens bien, humains, simples. Lors de la dernière journée il y avait les Dispagne, Jordana, Cadieu, Maset, Bondouy, Jauzion – pardon pour ceux que j’oublie -. Ils ont répondu présent à toutes les sollicitations et les clients étaient enchantés. Certains n’osaient pas demander à ces joueurs d’être pris en photo avec eux. Il n’y avait aucun problème et je n’ai eu que des retours très sympathiques. Mes clients n’en revenaient pas de la disponibilité et de la gentillesse, de l’humilité de tous ces grands joueurs. »

Grâce à l’argent récolté lors de cette journée de vente dans les établissements de Thierry Barraque, RFF va pouvoir continuer son action et ce dernier, séduit par les projets en cours, affirme vouloir poursuivre l’aventure. « Dans une telle opération, tout le monde est gagnant : mes clients qui ont pu côtoyer de tels joueurs, moi-même parce que il ne faut pas se le cacher cela m’a aidé commercialement, et RFF. Les joueurs ont pu présenter aux gens présents les objectifs de l’association et c’est beau de voir des individus connus se mobiliser ainsi pour venir au secours de gamins, d’enfants de milieux défavorisés afin de les aider à sortir du contexte difficile dans lequel ils vivent. Afin de tenter de les  sortir du milieu dangereux dans lequel certains vivent dans quelques pays.

RFF m’a proposé de les accompagner lors de leur prochain voyage en compagnie de tous ces internationaux et j’en serais très heureux ; je vais essayer de me libérer même si ce ne sera pas facile à cause du travail. En tout cas, RFF et ces joueurs ont bien joué le jeu avec moi et j’entends bien rester fidèle le plus longtemps possible à RFF. »

 

 

 

 

 

THIERRY ET JEAN-PASCAL BARRAQUE

Thierry n’est autre que l’oncle de Jean-Pascal Barraque, l’ancien demi-d’ouverture ou centre du Biarritz-Olympique, du Stade Toulousain et du Stade Rochelais, aujourd’hui inclus dans l’équipe de France à 7 qui prépare les JO de Rio. Preuve s’il en était encore besoin que le rugby est véritablement une affaire de famille chez les Barraque. « C’est Jean-Pascal qui représente désormais la famille, et au plus haut niveau » confie son oncle avant d’ajouter « et il aurait pu faire une grande carrière si… » Si quoi ? « Il prend le rugby simplement comme un plaisir et c’est sans doute dommage. J’ai eu l’occasion de parler de lui avec Guy Novès et il pense la même chose. J’en ai discuté récemment avec Erik Bonneval qui m’a confié que c’était effectivement dommage car Jean-Pascal possède de grandes qualités. » Bon mais si Jean-Pascal Barraque y trouve son plaisir, comment lui en vouloir à une époque où le plaisir du jeu s’est largement dilué dans les rigueurs du professionnalisme ?

 

 

THIERRY BARRAQUE DIGEST

 

Thierry Barraque est né à Toulouse il y a 48 ans. A fait ses études à Toulouse avant d’émigrer dans d’autres villes pour raisons professionnelles. Il a décroché son premier poste à Nevers dans l’agroalimentaire (commercial chez Panzani), puis a poursuivi sa carrière dans le même secteur d’activité à Blois et Marseille. Puis il a décidé de se lancer dans la création de sa propre entreprise et a démarré le 4 janvier 1999 dans la commercialisation des peintures.

Il possède aujourd’hui 3 magasins à Toulouse : grossiste en peinture, papiers peints, revêtements sols et murs. Il fournit 450 clients, emploie 20 salariés pour un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’euros.

Il a joué au rugby à Castelnaudary, Revel, Bram, Nevers, Aubagne, Léguevin. A été pendant 9 ans président du club de Léguevin.